Websérie sur Youtube

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Pour cette année 2020 (particulière) j’ai décidé de vous partager ma passion pour les traques orageuses par la vidéo.
5 épisodes de 7 à 10 minutes du Cotentin à la Bourgogne en compagnie de Yann Lebreton après un début de saison extrêmement laborieux sur fond de confinement, les choses sont devenus plus intéressantes en Juin avec un très bel épisode électrique sur le Cotentin et la Calvados.
Découvrez la série 2020 “un oeil sur le temps en Normandie” sur ma chaine youtube.

Du sud Manche aux plages du Calvados

Du sud Manche aux plages du Calvados

Les prévisions météo mentionnent un risque orageux en fin de semaine après les fortes chaleurs, j’en profite pour aller dans le nord Cotentin du coté de Barneville Carteret avec ses paysages magnifiques et ses plages au sable fin que j’affectionne depuis mon enfance. Un coup de pêche a marée basse sous un soleil de plomb puis quelques ambiances « coucher de soleil » me rappelleront Juin 2019 et ses fortes chaleurs très ensoleillées avant les supercellules d’Argentan.

Jeudi 25 Juin les prévisions sont favorables aux orages dans la baie du Mont Saint Michel sans vraiment savoir où ils se dirigeront ensuite et dans quel état, les valeurs de CAPE sont propices a l’électricité avant l’arrivée d’un thalweg humide par l’ouest.

les premières cellules apparaissent dans un environnement très chaud au sud de la Manche, mais elles se déliteront rapidement par manque d’apport humide.

Il est 17h30 et rien ne se forme sur les cotes nord de la Bretagne, et il n’y a plus rien sur le Cotentin, cela-dit je vois depuis le velux de l’étage un très gros gonflement au loin en direction de la baie du Mont Saint Michel, cela n’apparait pas encore sur l’image radar, mais je suis rapidement en train de réaliser qu’il est peut-etre temps de rentrer dans l’Eure et prenant un détour vers le sud Manche pour intercepter cet orage naissant…

Le temps de plier mes dernières valises et de préparer mon matériel de chasse je file vers Avranches à la poursuite du gonflement en visuel, aidé par un radar qui semble vouloir s’exciter, d’ailleurs les premiers impacts de foudre ne se feront pas attendre…

Je m’enfonce de plus en plus dans le bocage du sud Manche, c’est une zone que je ne connaissais pas et je passe dans des villages parfois très pittoresques, à cet instant une petite cellule est en transit du coté de Vire.

malheureusement elle se désactivera une fois arrivé sur place, mais ce qui arrive en baie de Saint Michel semble hautement plus intéressant, d’ailleurs le ciel se charge en structures orageuses en direction de Granville alors je me dépêche d’aller dans cette direction en espérant m’approcher d’Avranches avant que les orages atteignent la cote sud-ouest du Cotentin, le radar est très actif entre Saint-Malo et Granville et j’aperçois deux grosses structures au loin.

 

mais je n’aurais pas le temps d’aller jusqu’à Avranches, il me faudra rapidement trouver un point de vue et ca tombe bien puisque je vois un panneau indiquant le Mont Fiquet à 3km, pendant ce temps les structures deviennent massives et j’arriverais juste à temps pour m’installer avec le matériel et attendre l’arrivée de ces orages.

Deux gros cumulo-nimbus bien visibles sont en approche, celui de droite donne beaucoup de foudre vers l’intérieur de la zone Granville 

Je ne pensais pas avoir un si joli spot pour admirer le spectacle et j’avoue que ça faisait longtemps que la chance n’avait pas été de mon coté, seul hic, je pouvais monter au mont Robin (275m d’altitude !)pour avoir une vue imprenable et sans arbres devant, je ne m’en suis rendu compte qu’après coup…

La cellule semble se diviser en deux avec une partie au sud et une au nord’ celle du nord est alors plus proche de moi et semble beaucoup plus active, quelques impacts tombent derrière la colline en face puis un arcus semble vouloir se former juste avant l’arrivée de l’orage sur les hauteurs de Percy, les couleurs tendent vers le vert-bleu, signe que l’orage peut être venteux et grêligène.

L’activité semble pourtant s’atténuer une fois la pluie et le vent sur moi, je file donc direction nord est par les petites routes très sinueuses pour devancer la ligne orageuse, j’arriverais a m’extirper de la pluie quelques 20km plus loin, l’occasion de prendre un ou deux clichés vers la foret de Cerisy avant de repartir direction Bayeux, je vois moins d’éclairs dans mon rétroviseur, mais je sent bien qu’il reste suffisamment de potentiel pour que le système atteigne les plages du débarquement.

J’ai même le temps de capturer un 2eme impact avant de décoller !

Une fois passé Bayeux l’activité électrique reprend de plus belle

mais la pluie me rattrape également, la foudre tombe derrière une magnifique église en haut d’une petite colline mais il pleut et je ne dois pas m’arrêter afin de pouvoir trouver un bon spot au sec, ce sera chose faite 5km plus loin vers Creully, avec un joli hangar pour poser un sujet de premier plan.

J’aurais peu de temps avant la pluie mais suffisamment pour réussir ce cliché qui me convient plutôt bien, puis je repars très rapidement pour me poster cette fois sur la plage de Courseules sur Mer avec un seul impact faiblard dans le boitier.

il se met à pleuvoir et je décide de redescendre à nouveau dans les terres pour aller au cul de la cellule et espérer être plus au sec, c’est au moment de sortir de Courseulles sur mer que plusieurs impacts tombent très près de moi, peut être même sur la pointe d’une église 2km à ma gauche, en tous cas le bruit du coup de foudre se fera bien entendre dans ma voiture malgré le bruit de la pluie, un gros boum, puis 1 minute après un second plus fort !

La clarté de ma caméra atteste de la proximité…

je trouve alors rapidement une aire de route bordant la plaine un spot idéal pour me poster à l’abris dans la voiture puisqu’il pleut, c’est d’ailleurs  là que je prendrais les meilleurs foudroiements de cette session, il est alors minuit soit près de 3h après le début des hostilités.

Pour finir sur un gros ramifié que je n’ai même pas vu de mes yeux (j’étais sur mon téléphone et je ne l´ai vu qu’en rentrant lors du tri de mes rushs…) on peut remarquer que le foudre tombe sur la mer à 3km de ma position.

Je décide de retourner sur la plage de Courseulles pour photographier l’évacuation des orages en Manche et finir cette longue chasse.

Puis je reprends le chemin vers Caen, une autre cellule s’active a ma droite alors je me poste au sud de Caen du coté de Ifs, je sais alors que la vue est vraiment très appréciable sur l’agglomération.
Malheureusement la fatigue commence a me déconcentrer et je rate une série d’éclairs puisque mon cache était resté fixé a mon objectif, malgré-tout, je rentrerais très satisfait (et fatigué) de cette longue session “vachement Normande” vers 4h du matin.

Orage sec à Flers

Orage sec à Flers

Il fait très chaud, les températures avoisinent désormais les 38° à l’ombre dans une masse d’air très sèche, cela-dit une petite intrusion humide est prévue depuis la Manche, elle devrait aborder la Suisse Normande en cours de soirée
Quelques échos sur le radar suffiront à décider Yann de partir vers Argentan, nous allons donc nous poster sur notre spot favori à l’ouest de la ville.

L’ambiance est particulièrement brulante, et le ciel est dépourvu de nuages jusqu’à perte de vue, nous restons plantés sur-place durant plusieurs heures, puis au coucher du soleil, nous parvenons à apercevoir quelques formations orageuses au loin du côté de Vire.
Il fait très chaud, les températures avoisinent désormais les 38° à l’ombre dans une masse d’air très sèche, cela-dit une petite intrusion humide est prévue depuis la Manche, elle devrait aborder la Suisse Normande en cours de soirée

Quelques échos sur le radar suffiront à décider Yann de partir vers Argentan, nous allons donc nous poster sur notre spot favori à l’ouest de la ville.
L’ambiance est particulièrement brulante, et le ciel est dépourvu de nuages jusqu’à perte de vue, nous restons plantés sur-place durant plusieurs heures, puis au coucher du soleil, nous parvenons à apercevoir quelques formations orageuses au loin du côté de Vire.

 

Difficile de distinguer les tourelles orageuses au fond de l’horizon

Nous décidons de partir à la rencontre de cette zone pour le moment très faible, l’air est tellement sec que le faible apport humide depuis la Manche s’évapore très rapidement, cela-dit, un orage parvient à se former, il est encore bien difficile de le discerner sur le radar tant la cellule est minuscule.


Nous filons vers Vire pour tomber en plein dans l’alimentation en air chaud humide de l’orage, le vent se met à souffler très fort à l’arrière !


Le radar foudre est bien plus actif que le radar pluie
Foudre archive
Même si a structure est électrique avec beaucoup de foudre intra-nuageuse,  aucun éclair ne parviendra à sortir du nuage, l’ambiance est pourtant intéressante avec ces rafales de vent brulantes et l’illumination du nuage au dessus de Vire.

 

Orage monocellulaire au dessus de Vire

Après avoir fait quelques captures photos et une belle animation timelapse au dessus de la ville, nous tentons de suivre la cellule, ce qui nous mènera du côté de Thury Harcourt ou nous ne capturerons quasiment rien, si ce n’est une photo prise sur le fil du rasoir avec en prime un impact au sol juste avant l’évaporation totale de l’orage.

 

Orage sur la plaine de Caen

Sur l’image radar on peut observer que l’orage s’est nettement renforcé, malheureusement nous n’avions aucune visibilité il nous fallait continuer à le suivre en attendant de trouver un point de vue, et le temps de le trouver, toute l’activité s’est rapidement effondrée…

Supercellule  dans l’Orne

Supercellule dans l’Orne

Le 18 Juin 2019 au soir plusieurs orages supercellulaires se sont développés depuis le sud-est Manche pour se diriger vers Vire puis la Suisse Normande et plaine de Caen.

Les indices orageuses sont très bons, particulièrement en terme d’intensité avec un cape autours de 2500 et une légère intrusion humide sur le nord-ouest, cela-dit, l’apport en humidité reste largement incertain, pour preuve la modélisation d’Arôme peu propice aux grosses cellules orageuses…

Reste l’espoir d’un CAPE plutôt élevé, synonyme d’un apporte en énergie suffisant pour produire de puissantes cellules.
Modele GFS - Carte prévisions

Il est désormais 20h et atmosphère reste bien sèche, mais certains reports évoquent la naissance de cellules orageuses du côté de Vire, il n’y a alors rien de visible encore sur le satellite ou les radars.
Je m’engage à observer en direction de l’ouest et là à ma plus grande surprise, je vois au loin de puissantes tourelles (cumulonimbus) vers la Basse Normandie, quelques kilomètres plus loin j’appelle Yann pour le rejoindre chez lui vers l’Aigle afin que nous partions illico-presto vers Argentan afin d’intercepter cette situation prometteuse.

Sur notre route nous apercevons alors une base supercellulaire très massive au loin. (aucun doute sur la nature de cette structure pour le coup…)
Le radar en témoigne:

 

Le temps de s’arrêter rapidement à Argentan sur un joli spot nous observons non pas une mais deux supercellules, à cet instant les réseaux sociaux signalent de gros grêlons sous l’une d’elles.

(C’est à l’ouest d’Argentan que nous trouvons un très beau point de vue, nous découvrons alors qu’une deuxième supercellule se forme par transfert d’énergie un peu plus au sud.)

La cellule la plus au sud prend de l’ampleur pendant que cette plus au nord vers le Calvados faiblit dans un spectacle de lumière très intéressant avec la conjonction du coucher de soleil.

Quelques minutes plus tard la supercellule plus au sud atteint son paroxysme, l’activité électrique n’est alors pas encore très marquée mais ne tardera pas à s’activer.

A l’avant de sa progression plusieurs impacts de foudre puissants ouvrent le chemin de la structure avec de forts courants ascendants sous la base ce qui peut nous faire rappeler certaines situations des plaines Américaines.

Le radar foudre à ce moment est particulièrement actif
Foudre archive

Et soudainement une cellule nait juste au dessus de notre position, quelques éclairs s’échappent du nuage.


Et tout se décalera au nord direction Lisieux et la baie de Seine en gardant des aspects supercellulaires, nous reprenons la route en direction de l’Eure avec en guise de fin une petite cellule près de l’Aigle.


Ces orages précèderont une canicule sévère.