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Les prévisions météo mentionnent un risque orageux en fin de semaine après les fortes chaleurs, j’en profite pour rendre visite à mon père dans le nord Cotentin du coté de Barneville Carteret avec ses paysages magnifiques et ses plages au sable fin que j’affectionne depuis mon enfance. Un coup de pêche a marée basse sous un soleil de plomb puis quelques ambiances « coucher de soleil » me rappelleront Juin 2019 et ses fortes chaleurs très ensoleillées avant les supercellules d’Argentan.

Ce Jeudi les prévisions sont favorables aux orages dans la baie du Mont Saint Michel sans vraiment savoir où ils se dirigeront ensuite et dans quel état, en tous les valeurs de CAPE sont propices a l’électricité avant l’arrivée d’un thalweg humide par l’ouest.

les premières cellules apparaissent dans un environnement très chaud au sud de la Manche, mais elles se déliteront rapidement en l’absence d’un soutient humide assez conséquent dans les basses couches.

Il est 17h30 et rien ne se forme sur les cotes nord de la Bretagne, et il n’y a plus rien sur le Cotentin, cela-dit je vois depuis le velux de l’étage un très gros gonflement au loin en direction de la baie du Mont Saint Michel, cela n’apparait pas encore sur l’image radar, mais je suis rapidement en train de réaliser qu’il est peut-etre temps de rentrer dans l’Eure et prenant un détour vers le sud Manche pour intercepter cet orage naissant…

Le temps de plier mes dernières valises et de préparer mon matériel de chasse je file vers Avranches à la poursuite du gonflement en visuel, aidé par un radar qui semble vouloir s’exciter, d’ailleurs les premiers impacts de foudre ne se feront pas attendre.

Je m’enfonce de plus en plus dans les paysages vallonés du sud Manche, c’est une zone que je ne connais pas et je passe dans des villages très isolés, très pittoresques, à cet instant une petite cellule est en transit du coté de Vire.

malheureusement elle se désactivera une fois arrivé sur place, mais ce qui arrive en baie de Saint Michel semble hautement plus interessant, d’ailleurs le ciel se charge en structures orageuses en direction de Granville et je me dépêche d’aller vers cette direction en espérant approcher d’Avranches avant que les orages atteignent la cote sud-ouest du Cotentin, le radar est très actif entre Saint-Malo et Granville et j’aperçois de grosses structures au loin.

 

mais je n’aurais pas le temps d’aller sur Avranches, il me faudra rapidement trouver un point de vue et ca tombe bien puisque je vois un panneau indiquant le Mont Fiquet à 3km, pendant ce temps les structures deviennent massives et j’arriverais juste à temps pour m’installer avec le matériel et attendre l’arrivée de ces orages.

Deux gros cumulo-nimbus bien visibles sont en approche, celui de droite donne beaucoup de foudre vers l’intérieur de la zone Granville 

Je ne pensais pas avoir un si joli spot pour admirer le spectacle et j’avoue que ça faisait longtemps que la chance n’avait pas été de mon coté, seul hic, je pouvais monter au mont Robin (275m d’altitude !)pour avoir une vue imprenable et sans arbres devant, je m’en suis rendu compte qu’après…

La cellule semble se diviser en deux avec une partie au sud et une au nord’ celle du nord est alors plus proche de moi et semble beaucoup plus active, quelques impacts tombent derrière la colline en face puis un arcus semble vouloir se former juste avant l’arrivée de l’orage sur les hauteurs de Percy, les couleurs tendent vers le vert-bleu, signe que l’orage peut être venteux et grêligène.

L’activité semble pourtant s’atténuer une fois la pluie et le vent sur moi, je file donc direction nord est par les petites routes très sinueuses pour devancer la ligne orageuse, j’arriverais a m’extirper de la pluie quelques 20km plus loin, l’occasion de prendre un ou deux clichés vers la foret de Cerisy avant de repartir direction Bayeux, je vois moins d’éclairs dans mon rétroviseur, mais je sent bien qu’il reste suffisamment de potentiels pour que le système atteigne les plages du débarquement.

J’ai même le temps de capturer un 2eme impact avant de décoller !

Une fois passé Bayeux l’activité électrique reprend de plus belle

mais la pluie me rattrape également, la foudre tombe derrière une magnifique église en haut d’une petite colline mais il pleut et je ne dois pas m’arrêter afin de pouvoir trouver un bon spot au sec, ce sera chose faite 5km plus loin vers Creully, avec un joli hangar pour poser un sujet de premier plan.

J’aurais peu de temps avant la pluie mais suffisamment pour réussir ce cliché qui me convient plutôt bien, et je repars très rapidement pour me poster cette fois sur la plage de Courseules sur Mer avec un seul impact dans le boitier.

il se met à pleuvoir et je décide de redescendre à nouveau dans les terres pour aller au cul de la cellule et espérer être plus au sec, et là sur la route plusieurs impacts tombent très près de moi, peut être même sur la pointe d’une église 2km à ma gauche, en tous cas le bruit du coup de foudre se fera bien entendre dans ma voiture malgré le bruit de la pluie, un gros boum, puis 1 minute après un second plus fort !

La clarté de ma caméra atteste de la proximité…

je trouve alors rapidement une aire de route bordant la plaine un spot idéal pour me poster à l’abris dans la voiture puisqu’il pleut, c’est d’ailleurs  là que je prendrais les meilleurs foudroiements de cette session, il est alors minuit soit près de 4h après le début des hostilités.

Pour finir sur un gros ramifié que je n’ai même pas vu de mes yeux (j’étais sur mon téléphone et je ne l´ai vu qu’en rentrant lors du tri de mes rushs…) on peut remarquer que le foudre tombe sur la mer à 3km de ma position.

Je décide de retourner sur la plage de Courseules pour photographier l’évacuation des orages en Manche pour finir cette longue chasse.

Je reprends le chemin vers Caen, une autre cellule s’active a ma droite alors je me poste au sud de Caen du coté de Ifs puisque je sais que la vue est vraiment très appréciable sur la ville de Caen. Malheureusement la fatigue commence a me déconcentrer je rate une série d’éclairs puisque mon cache était resté fixé a mon objectif, tampi, je rentrerais très satisfait (et fatigué) de cette longue session très Normande vers 4h du matin.